Simone est venue me voir en pleure aujourd’hui avec la lettre de Marielle dans la main.
« Non mais tu te rends compte ! Ils n'ont rien compris ! Ils font comme s’il ne s’était rien passé ! Comme si le score que nous avons fait était un mauvais coup du sort, dû à une conjoncture défavorable et à des raisons exogènes !
« la politique est souvent injuste et blablabla… »
Elle n’a qu’à démissionner et laisser sa place ! Comme Kahn ! Après tout, elle est déjà conseillère de Paris ! Nom de D… ! »
Comme si on pouvait avaler une telle connerie sans broncher !
Quand je pense que j’ai encore une fois voté pour nous... euh… enfin pour « eux » arrrrrh ! Je ne sais plus ! » Finit-elle par dire dans un sanglot déchirant.
J’étais effrayée de la voir comme cela.
« Et toi, tu t’es vue ? », Lui dis-je « t’ai complètement « enxiogénisée » par ton Modem ! Tu me… »
« Ce n’est plus mon Modem ! Me dit-elle tout d’un coup, folle de rage, « je pars, je rejoins les verts, les rouges, les bleus, les noirs… comme mes idées, finito ! Je quitte le orange ! »
Alors moi aussi j’étais folle de rage de voir ma Simone dans cet état !
« T’as raison Simone ! Quittons le Modem, Partons vers de nouveaux horizons de nouveaux espoirs, allons… allons … Euh… où ? »
Et là, Simone et moi, nous nous sommes regardées comme deux ronds de flan parce que nous ne savions pas vraiment où aller à vrai dire…
Je ne suis pas de gauche, je ne suis pas de droite ! Y’en marre de ces deux mots-là ! Ces vieilleries du 20ème siècle !
Je ne suis pas du centre non plus !
Je ne suis pas verte non plus (sauf de rage !) , je ne suis pas une couleur moi !
Je suis quoi alors ?
« Oui, nous sommes quoi Pierrette ? » Me demanda Simone en me jetant un regard perdu.
Et là, j’ai bouilli un moment et je me suis lâchée.
« Je suis le meilleur fruit de 2000 ans d’histoire et je suis fière de ce que je suis !
Je suis pour le bon sens, la coopération.
Je suis pour l’alliance « des gens biens » et « des progressistes »
Je suis pour la révolution démocratique totale !
Je suis une républicaine, citoyenne laïque, amoureuse de la liberté, guerrière de l’équité ! Je suis une humaniste ! Je suis une humaniste ! Je suis une dé-mo-crate en mouvement !
Et là je reprends mon souffle.
« Bah alors ? ! Nous sommes où, Pierrette ? » Me dit Simone, attendant intensément la suite.
Grand silence…
Et là, un éclair me traversa l’esprit :
« Je suis bien là où je suis ! Crotte de pissotière ! C’est notre famille, nous ne pouvons pas la quitter !
Je vis alors enfin un sourire se dessiner sur le visage mouillé de ma Simone.
Nous nous étions réconciliées avec notre nature profonde.
Reste, que ce mouvement a besoin de leaders. Ces derniers temps, Mon François ne s'est pas montré digne de ce poste.
Je ne suis pas idiote pour autant, je suis aussi une pragmatique, je sais qu’il n’est pas facile d’incarner l’avenir.
Mais la moindre des choses, c’est d’être exemplaire, de mettre ses actes en concordances avec ses paroles ; c’est d’être ouvert à la nouveauté et pas parano ! C’est d’être force de nouveauté et d’œuvrer pour une cause commune qui est censée être bien au-dessus de notre petite personne… C’est cela un leader !
Et là, mon François, t’as déconné.
Ta gestion de crise, ne fut pas mieux. La lettre de Marielle pour se résumer de la manière suivante :
« Coup dur, mais vous avez été formidable et je vous promets le printemps. On va y réfléchir aujourd’hui, pour faire fleurir les lendemains, promis juré ! Si je mens, je n’irai pas en enfer toute seule mais vous avec moi ! »
Oui, nous irons tous ! La France, le Monde n’a plus le temps d’attendre que ses leaders changent de registre et collent à l’actualité d’un monde où tout s’accélère.
François, la seule chose que tu aurais du faire au lieu de te comparer à Zidane, c’est de démissionner de la présidence du Modem. Pour laisser celle-ci à un collège par exemple. Voilà ce qui aurait été nouveau, courageux et cohérent avec des idées démocrates progressistes !
Et ce n’était pas démissionner de ton leadership pour autant, auquel je crois encore, mais bien plutôt de ton ego ! Je peux t’assurer qu’un tel geste aurait porté ses fruits… en 2012.
La France ne peut plus attendre longtemps qu’émerge une force démocratique nouvelle, progressiste et crédible, une force au-delà d’une vague coloration verte menée par un « joueur » aussi « brillant » soit-il.
La France aujourd’hui a plus besoin d’un homme éthique qu’un homme politique.
Excuse-moi de te le dire, mon François, mais tu es un piètre homme politique.
Pourrais-tu faire un bon homme éthique ?
L’avenir de ton leadership à la tête de ce mouvement qui ne t’appartient pas mais appartient au salut de la France, est dans la réponse à cette dernière question.
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