« Conscience et Responsabilité »
Quand je pense à toi, ce sont les deux mots qui me viennent à l’esprit.
Si je me suis intéressée à la politique de manière active en côtoyant pour la première fois un parti politique, c’est grâce à toi et à tes paroles.
Des paroles qui ont sonné « juste » dans mon esprit. Des paroles qui répondaient à une attente exprimant de belle manière un ressenti profond.
Aujourd’hui, presque deux ans après Seignosse, « le coup d’envoi » de ce qui s’annonçait comme une « belle aventure », je suis déçue.
Et lorsque je m’interroge sur les raisons profondes de cette déception, ces mêmes mots me viennent à l’esprit : « Conscience et Responsabilité ».
Tu as su, mon François, jouer brillamment sur mes cordes les plus sensibles ; mobiliser mon espoir, mon énergie, ma volonté et faire battre mon cœur.
Tu as éveillé ma conscience et tu m’as donné l’envie de prendre mes responsabilités,
Talentueux tribun et penseur que tu es !
Mais aujourd’hui je vois bien que nous sommes tous en train de passer à côté de cette belle aventure.
Car les faits ont suivi et ont fait mentir tes belles paroles.
De guerre lasse, tu as perdu ton influence sur moi et comme le penserait le bon docteur Schweitzer, la cause de tout cela : c’est ton exemplarité défaillante.
L’idole est tuée et c’est tant mieux ! A mon âge je ne vais quand même pas jouer encore les midinettes !
Mais par la même, c’est aussi cet espoir renaissant chez des centaines de milliers de personnes que tu as déçu. Ta responsabilité fut grande à 18% et l’est encore même à 8%…
Tu as une grande responsabilité car dans ces temps difficiles qui s’annoncent (et dont tu aimes être l’un des meilleurs messagers) nous avons besoin de leaders exemplaires.
Exemplaires pour être au service du progrès, de la modernisation, des valeurs démocrates pour de vrai… de l’espoir tout simplement…
Nous ne pouvons gagner, tout seul, les seules vraies batailles qui méritent d’être gagnées. Avec ton talent évident, tu aurais pu faire le deuil de ton ambition personnelle depuis longtemps et te mettre au service de la justesse d’un combat que tu as pourtant pressentie. Tu serais peut-être déjà président aujourd’hui.
Malheureusement tu transpires ton ambition personnelle. Chacun de tes gestes, de tes mots te trahissent. Les gens finissent par le ressentir par eux-mêmes. C’est dommage.
A Villepinte, j’avais à côté de moi, dans les rangs impersonnels de ceux qui te faisaient face, un « jeune des banlieues » qui était là parce quelque chose en toi lui avait plu et qu’une force mystérieuse l’avait guidée jusqu’ici. Il est venu te voir de près, te serrer la main. Il est revenu s’assoire à côté de moi et il m’a dit très déçu : « il m’a serré la main, mais il ne m’a pas salué, il ne voyait pas, il ne regardait qu’en lui, il se souriait à lui-même. »
Ca m’avait profondément troublé à l’époque.
Madame Bertrand dit de toi : « Ton Bayrou, Pierrette, il est tellement imbu de lui-même, il se prend tellement au sérieux, qu’il me fait peur ! »
Bon, elle me fait un peu rire quand elle dit cela parce qu’avec son Nicolas c’est pas mieux ! Sauf que le Nicolas, il est drôle finalement. Faut pas croire, les Français aiment le bouffons mais les bouffons prévisibles, ceux qui font rire à coup sûr, et qui ne font pas peur. Ca les rassure même !
Finalement le sérieux et le génie, je le crois, ce sont bien des points que tu as en commun avec le grand Charles, sauf que lui sa cause, c’était la France, et non lui-même. Et que c’était profondément un humaniste.
Avec tout ce qui arrive, c’est dommage pour la France et l’humanité.
Car le danger c’est la régression, la radicalisation comme tu l’as très bien exprimé d’ailleurs toi-même.
Tu as géré en réactionnaire, déguisé en progressiste, un électorat qui ne t’appartient pas et qui s’éloigne de plus en plus.
Tu as appliqué des recettes d’un ancien régime finissant en fleurissant tes mots d’espoirs et de progrès… et avec peu de réussite au final (ce qui est logique : ton électorat n’est pas celui de Sarkosy en cas où tu ne l’aurais pas remarqué !)
Le vert c’est la couleur de l’espoir aujourd’hui. Mais le vert n’est pas un fruit qui nourrira les solutions de demain. Le vert est une coloration de fond, hautement indispensable, qui telle une tache s’étendra sur tout l’échiquier politique un jour.
Mais ce n’est pas suffisant.
Mon blog s’appelle pas « orange citron vert » tout de même ! (Cela dit, c’est joli !)
L’écologie, c’est le respect de la Terre, la démocratie c’est le respect de tous.
Le « mouvement de l’avenir » se doit être le nouveau parti de la révolution verte mais surtout de la démocratie.
Avec comme seule idéologie : le progrès individuel de ses militants et l’idée que son seul collectif qui vaille, c’est celui de l’humanité…
La créativité, sa seule méthodologie et son seul principe.
L’exemplarité, son seul leader !
Le centre n’est pas un lieu géographique, c’est une posture révolutionnaire qui a toujours voulu l’alliance sacrée des « gens biens » et des « vrais progressistes ».
Il est bien plus qu’un parti de droite, de gauche ou de coloration verte. Il est le seul chemin possible d’un progrès coopératif car il synthétise des couleurs différentes par la forces des seules valeurs démocratiques.
Le « mouvement démocrate » exprime une idée juste, que tu a su faire fructifier un temps et dont tu ne t’es pas montré digne depuis.
Un « mouvement » qui ne serait t’appartenir car l’avenir appartient à personne.
Dimanche Simone a voté Modem « par discipline militante » m’a-t-elle dit avec amertume
Et moi j’ai voté faute de concret, : « Espéranto »
Beaucoup ce sont abstenus, faute d’espoir.